A l’occasion de la Journée internationale des femmes, La Financière Responsable aborde cette question de la place des femmes dans l’entreprise en examinant, avant tout débat, comme annoncé dans les articles précédents sur la mesure dans l’ISR, les indicateurs relatifs à la féminisation des effectifs dans les entreprises réunies dans l’Empreinte Ecosociale®. Il est utile en effet d’avoir une idée précise et quantifiée du sujet avant de se lancer dans des discussions souvent passionnées.

Dans les trois univers que constituent le FCP LFR Euro Développement Durable, le CAC 40 et l’Euro Stoxx 50, on note un « tir groupé » autour de 37% des effectifs représentés par des femmes. Il est vrai que pour ce qui concerne le FCP LFR Euro Développement Durable on observe un léger relâchement du portefeuille puisque la part de l’emploi féminin a tendance à baisser en passant de 39% de l’effectif total en 2012 à 36,1% en 2015, passant ainsi derrière les autres univers. Cette légère baisse résulte de la publication de cet indicateur à partir de 2014 par cinq sociétés du secteur de la technologie et du secteur des biens et services industriels qui ne divulguaient pas cette donnée. L’emploi féminin de ces entreprises, d’ailleurs de plus petite taille que celles composant les indices, se situe entre 24% et 35% de l’effectif total en 2015, faisant ainsi baisser la moyenne du fonds LFR Euro Développement Durable. En 2015, le taux de réponse des entreprises du fonds atteint 93,8% pour cet indicateur (contre 65,6% en 2012).

Pour pouvoir analyser de façon plus approfondie cet indicateur chiffré, nous avons croisé cette mesure avec la stratégie des entreprises du fonds LFR Euro Développement Durable. Les entreprises qui ont adopté un positionnement de volume-coût emploient plus de femmes (38,1% en 2015), à la différence des autres groupes stratégiques définis par Michael Porter. Ce groupe serait-il plus vertueux que les trois autres ? Quand on sait qu’il fait également une bonne part à l’emploi des jeunes, moins coûteux, on peut s’interroger sur les motivations de cette attitude. Il ne nous appartient pas de condamner mais plutôt de constater. En faisant connaitre cet état de fait, nous laissons le soin aux dirigeants des entreprises concernées de corriger ce qu’il convient de l’être. La publicité de la mesure suffit et constitue un « acte d’engagement ».

Qu’en est-il de la place des femmes dans les instances de Direction ? Cette information, qui était difficile à obtenir, devient aujourd’hui plus accessible puisque le taux de réponse des entreprises au questionnaire qui nourrit l’Empreinte Ecosociale® atteint pour le fonds LFR Euro Développement Durable 100% en 2015 pour le Conseil d’Administration (75% en 2012) et 93,8% pour le Comité Exécutif (68,8% en 2012). En 2015, la proportion des femmes dans les Conseils d’Administration des entreprises du fonds LFR Euro Développement Durable était de 30%, sensiblement au même niveau que pour les entreprises de l’Euro Stoxx 50, mais inférieure à celles du CAC 40 où cette part s’établit à 35,6%. Il est à noter que le pourcentage de femmes au Conseil d’Administration est plus important pour les entreprises françaises (36,4% pour les entreprises françaises de LFR Euro Développement Durable et 38,8% pour celles de l’Euro Stoxx 50). Dans les comités exécutifs, la part de l’effectif féminin reste faible mais en progression ces dernières années. Le niveau est variable selon les secteurs, allant de 6,4% (sociétés financières) à 10,3% (biens de consommation) pour les entreprises du fonds LFR Euro Développement Durable. Cet indicateur, plus proche du terrain, est à surveiller attentivement lors des prochaines études d’Empreinte Ecosociale®…

Olivier Johanet & Alison Amiell – 8 mars 2018

Pour plus d’information aamiell@lfram.fr

* LFR Euro Développement Durable

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